Pollution à la dioxine : Lausanne dans le brouillard toxique de l’Usine du Vallon

Virginie Cavalli, Conseillère communale et cheffe du groupe vert’libéral, a interpellé la Municipalité et réclamé des réponses sur l’assainissement des sols contaminés suite aux 50 ans d’activité d’incinération de l’usine du Vallon à Lausanne.

Le reportage de Temps Présent diffusé le 2 octobre dernier a ravivé une inquiétude que beaucoup pensaient derrière eux : celle de la contamination à la dioxine à Lausanne.
Deux experts internationaux y pointent les failles majeures de l’étude commandée par le Canton de Vaud : enfants et personnes malades exclus de l’analyse, absence de groupe témoin non exposé. Des erreurs méthodologiques qui jettent le doute sur la fiabilité des conclusions officielles.

Pendant ce temps, la Municipalité avance à marche forcée vers un assainissement estimé à 100 millions de francs, financé par les contribuables, sans que les fondements scientifiques ou juridiques de cette décision ne soient clairement établis.

« On nous dit que tout va bien, mais on engage des millions pour dépolluer. Si le danger est réel, les Lausannois·es doivent être protégés. S’il ne l’est pas, qu’on nous le prouve. Ce flou n’est plus acceptable », déclare Virginie Cavalli, auteure d’une interpellation urgente déposée au Conseil communal.

Un héritage toxique

De 1958 à 2005, l’usine d’incinération du Vallon a diffusé ses fumées au cœur de la ville.
Seize ans après sa fermeture, des sols affichent encore des taux de dioxine jusqu’à 32 fois supérieurs aux normes. Malgré cela, l’étude d’Unisanté n’a pas évalué les populations les plus exposées : enfants et personnes âgées vivant à proximité du site. Autre point d’inquiétude pour l’interpellatrice : aucune analyse n’a encore été menée autour de TRIDEL, l’usine actuelle d’incinération, installée à quelques centaines de mètres du Vallon.
Certes, ses filtres sont modernes, mais la combustion de déchets produit toujours de la dioxine.
La question se pose donc : quelles mesures sont en place pour contrôler ces rejets et leur traitement ?

Des questions sans réponses

La Ville affirme qu’aucun risque avéré pour la santé n’a été démontré. Pourtant, aux côtés de la Confédération et du canton, elle engage un assainissement massif.
Les propriétaires concernés n’ont pas été tous informés. Les priorités des zones à traiter — notamment celles fréquentées par des enfants — ne sont pas précisées. Enfin, aucun contrôle indépendant n’est prévu sur la destruction des dioxines contenues dans les filtres actuels de TRIDEL. La Municipalité n’a de plus pas apporté des réponses solides aux questions posées par l’interpellatrice lors des débats. 

« Ce dossier touche à la santé publique et à la confiance envers les autorités. Nous demandons la transparence totale : des études solides, des contrôles indépendants et des réponses claires », insiste Virginie Cavalli.

Trois résolutions adoptées pour renforcer la transparence, la protection et l’information

À l’issue du débat, le Conseil communal a accepté trois résolutions portées par le groupe vert’libéral pour faire avancer ce dossier et surtout qu’il ne soit pas glissé sous la pile de la Municipalité:

1. Le Conseil communal demande à la Municipalité de mandater une contre-expertise indépendante sur l’exposition aux dioxines à Lausanne, incluant les enfants, les personnes vulnérables et un groupe témoin, et d’en publier intégralement les résultats.

2. Le Conseil communal demande à la Municipalité de renforcer immédiatement l’information et la sensibilisation de la population, notamment dans les quartiers concernés, et de publier systématiquement les résultats des mesures de dioxines de manière accessible.

3. Le Conseil communal demande à la Municipalité de prioriser les assainissements dans les espaces fréquentés par des enfants et des publics vulnérables et de mettre en place des mesures de réduction de l’exposition en attendant les assainissements.

Contact

Virginie Cavalli, Conseillère communale et cheffe de groupe des Vert’libéraux lausannois, virginie.cavalli@vertliberaux.ch , 079 575 90 54